Les 7 mythes qu'Apple utilise pour justifier sa commission de 30%, de Telegram

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Catherine Le Nevez
@catherinelenevez
SOURCES CONSULT√ČES:

support.google.com, support.apple.com

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P√°vel D√ļrov, d√©veloppeur de Telegram et cr√©ateur du r√©seau social VK, a √©crit un article sur le blog de la soci√©t√© Telegram dans lequel il expose une s√©rie de fausses all√©gations (selon lui) qu'Apple utilise pour justifier la commission de 30% qu'elle facture pour tous les paiements effectu√©s √† l'aide des syst√®mes d'achat de l'App Store.

Nous traduisons dans son intégralité pour vous fournir des données et encourager la discussion sur le bien-fondé de vos réclamations.

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Apple d√©pense beaucoup d'argent en relations publiques et en lobbying pour conserver le monopole de son pouvoir. Si vous suivez le d√©bat sur la commission de 30 % produisant des prix plus √©lev√©s et des applications moins bonnes, vous pouvez s√Ľrement appliquer au moins une des fausses d√©clarations ci-dessous.

Mythe 1. La commission de 30 % permet à Apple de conserver l'App Store.

En fait, la gestion d'un magasin d'applications ne co√Ľte qu'une fraction de ce qu'Apple facture aux d√©veloppeurs d'applications. Chaque trimestre, Apple re√ßoit des milliards de dollars d'applications tierces. Pendant ce temps, les d√©penses li√©es √† l'h√©bergement et √† la r√©vision de ces applications co√Ľtent des dizaines de millions, pas des milliards. Nous le savons parce que chez Telegram, nous h√©bergeons et examinons plus de contenu public que l'App Store n'en aura jamais. En r√©alit√©, toute entreprise disposant d'une √©norme plate-forme vid√©o aura besoin de beaucoup plus de serveurs et de mod√©rateurs qu'une entreprise qui g√®re une boutique d'applications.

Mythe 2. La commission de 30 % permet à Apple de réinvestir pour fabriquer de meilleurs iPhones.

En réalité, Apple dispose d'environ 200 milliards de dollars de liquidités et ne sait pas quoi en faire. L'argent qu'Apple prend aux startups qui en ont besoin pour se développer est apparemment stocké pour toujours dans un compte Apple étranger. Ces dernières années, Apple a essayé de rattraper les téléphones Android en termes de fonctionnalités et de matériel. Comme Cupertino n'innove plus et copier ce que font les autres ne nécessite pas un gros budget de R&D (Recherche et Développement), les deux cents milliards de dollars (qui incluent l'argent prélevé par les développeurs) ne servent pas à améliorer les iPhones.



Mythe 3. N'importe qui peut rivaliser avec Apple s'il ne veut pas payer la commission de 30 %.

Le probl√®me n'est pas de cr√©er un syst√®me d'exploitation (OS) qui concurrence Apple, mais de convaincre les d√©veloppeurs de programmes de cr√©er des applications pour ce nouveau syst√®me d'exploitation. C'est un cercle vicieux : les d√©veloppeurs ne cr√©ent pas d'applications si le syst√®me d'exploitation n'a pas assez d'utilisateurs, et les utilisateurs n'ach√®tent pas de t√©l√©phones qui n'ont pas assez d'applications d'autres soci√©t√©s. M√™me Microsoft, avec son √©norme influence parmi les d√©veloppeurs, n'a pas r√©ussi √† d√©velopper des applications (comme Instagram) pour son Windows Phone et Microsoft a d√Ľ annuler son syst√®me d'exploitation. Ainsi, peu importe combien vous investissez dans la cr√©ation d'une alternative, le march√© de la mobilit√© en 2020 est ferm√© aux nouveaux concurrents.

Mythe 4. Sans iPhone, les développeurs d'applications mobiles n'auraient aucun moyen de distribuer leurs applications.

Non seulement c'est faux, mais le contraire est vrai : sans les applications tierces, peu de gens ach√®teraient un iPhone en 2020. Apple n'a pas invent√© les applications mobiles natives, et si ce n'√©tait pas Apple, une autre entreprise aurait rempli le demander un appareil iPhone avec un syst√®me d'exploitation tactile, peut-√™tre quelques ann√©es plus tard. Avant que le monde ne passe des ordinateurs de bureau aux ordinateurs de poche, les d√©veloppeurs d'applications comptaient d√©j√† des centaines de millions d'utilisateurs et ne payaient aucune commission aux cr√©ateurs de syst√®mes d'exploitation de bureau. Pour les d√©veloppeurs de services grand public, l'arriv√©e de l'App Store a √©t√© un changement pour le pire.

Mythe 5. Tout développeur qui ne veut pas payer une commission de 30 % sur iPhone peut créer des applications Android.

Les d√©veloppeurs, lorsque le moment critique arrive, n'ont pas le choix entre iOS et Android : s'ils veulent cr√©er un service socialement pertinent, ils doivent cr√©er des applications pour les deux plates-formes dans ce duopole mobile. Essayez d'imaginer des applications comme Telegram ou TikTok comme une application Android uniquement et vous comprendrez rapidement pourquoi la plate-forme d'Apple ne peut √™tre ignor√©e. Vous ne pouvez pas interdire les utilisateurs d'iPhone. Quant aux utilisateurs d'iPhone, le co√Ľt d'un utilisateur qui souhaite passer de l'iPhone √† Android est si √©lev√© qu'il peut √™tre qualifi√© de captivit√© monopolistique (vous pouvez en savoir plus dans The Antitrust Case Against Apple, une √©tude men√©e par l'Universit√© de Yale).



Mythe 6. Les frais de 30 % de l'App Store sont similaires √† ceux factur√©s par d'autres plateformes.

Apple vient de publier une √©tude qui indique que d'autres plates-formes, comme Google Play sur Android, ont √©galement une commission de 30 %. Cette comparaison n'est pas pertinente, car Android permet √† ses utilisateurs d'installer des applications √† partir de sources autres que Google Play. D'autres entreprises peuvent √©galement cr√©er des boutiques d'applications concurrentes sur Android. Et par rapport aux autres plates-formes mentionn√©es dans cette √©tude de march√©, elles n'ont rien √† voir avec les syst√®mes d'exploitation mobiles et ne sont m√™me pas proches d'iOS et d'Android en termes de nombre d'utilisateurs / nombre d'applications d'autres soci√©t√©s / co√Ľt de changement par utilisateur. 

Mythe 7. Contr√īler les pratiques d'Apple va √† l'encontre du march√© libre et de la concurrence.

Comme nous l'avons vu dans Mythe 3, il n'y a pas de v√©ritable concurrence sur le march√© des syst√®mes d'exploitation mobiles, mais m√™me Apple n'est pas un acteur du "march√© libre", car il utilise largement le pouvoir de la loi pour criminaliser les jailbreaks et assurer un contr√īle complet sur chacun. . t√©l√©phone qu'ils vendent. Le monopole d'Apple √©tant adoss√© √† la l√©gislation, il est difficile de justifier une approche libertaire de ses pratiques. Tant que les gouvernements aident Apple √† maintenir son monopole, ils sont √©galement responsables de la lutte contre les effets n√©gatifs qu'il produit.


Maintenant que les enqu√™tes antitrust contre Apple ont commenc√©, tant aux √Čtats-Unis qu'aux √Čtats-Unis, je pense qu'Apple insistera encore plus pour propager les mythes que j'ai d√©crits ci-dessus. Nous ne devrions pas simplement nous asseoir et laisser les lobbyistes et les relations publiques d'Apple faire leur travail. En fin de compte, c'est √† nous - consommateurs et cr√©ateurs - de d√©fendre nos droits et d'emp√™cher les monopoleurs de voler notre argent. Vous pensez peut-√™tre que nous avons √©t√© tromp√©s en entrant dans le pi√®ge, car nous avons d√©j√† acquis une masse critique de vos appareils et cr√©√© une masse critique d'applications pour vos appareils. Mais nous ne devrions plus jouer avec eux.



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